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L’HISTOIRE DU STADE SOTTEVILLAIS 76

 

Le stade de Sotteville-lès-Rouen, en 1955

LA GENÈSE DE L’ATHLÉTISME À SOTTEVILLE

Tout débute dans les années vingt, lorsque les prés à vaches des marais sottevillais cèdent un peu de leur herbe tendre à l’aménagement d’un stade vélodrome, inauguré en 1922.

En 1935, l’essor de la pratique de l’athlétisme local se réalise sous l’impulsion de l’arrivée massive de transfuges du F.C. Rouen, devenu alors club professionnel de football.

Puis c’est en 1943 qu’est créé le Stade Sottevillais Cheminot Club, à partir de la fusion de plusieurs associations sportives locales.

La seconde guerre mondiale conduit à la destruction de la moitié de la ville, endommageant sévèrement les infrastructures du stade situées à proximité immédiate de la gare de triage et des ateliers ferroviaires des Quatre-Mares, cibles de nombreux bombardements.

Au lendemain de la guerre, Sotteville organise son tout premier challenge de cross ainsi que, deux ans plus tard, une très belle réunion d’athlétisme à laquelle vont participer les vedettes françaises de l’époque. 6000 personnes assistent à leurs exploits, massées le long des palissades qui encerclent les sept couloirs de la piste en cendrée.

Le héros sottevillais s’appelle alors Jacques Lunis, multiple fois médaillé aux championnats d’Europe: deuxième sur 400 m en 1946 et 1950, champion d’Europe avec le relais 4×400 m en 1946, et 12 fois victorieux en matches internationaux.

 

LE STADE SOTTEVILLAIS PREND SON ENVOL

La piste cycliste en ciment disparaît des installations reconstruites qui sont inaugurées en 1949, complétées en 1966 par l’édification d’une nouvelle tribune. Grâce à ces infrastructures modernes, et à l’action d’une équipe dirigeante dynamique, le Stade Sottevillais entame une ascension irrésistible au sein de la hiérarchie de l’athlétisme français: le 21 mai 1967, c’est l’accession à la division d’honneur nationale, le Stade devenant le plus titré des clubs normands.

Entre 1957 et 1964, Jean-Claude Durand écrit les premières pages de la grande tradition du demi-fond à Sotteville. Champion précoce puisqu’il réussira un étonnant doublé en remportant la même année les titres de champion de France junior et senior sur 800 m. Il enrichira ensuite son palmarès de 16 sélections en équipe de France, dont 4 victoires en matches internationaux.

Plusieurs années après, ils seront nombreux à écrire l’histoire du club: le sprinter-prodige François Saint-Gilles, qui remportera, aux côtés d’Alain Sarteur, Patrick Bourbeillon et Gérard Fenouil, le titre de champion d’Europe du 4X100m en 1969 à Athènes, mais aussi Alain Caron, qui connaîtra 6 sélections sur 800 m et 1500 m de 1972 à 1976, Philippe Bunel sur 110 m haies, Patrick Ridel sur le steeple, Gérard Lamy au saut en hauteur…

 

LES DÉBUTS DE L’ÈRE MODERNE

En 1972, un meeting national est organisé en préambule aux Jeux Olympiques de Munich. La piste du stade municipal arbore alors un nouveau revêtement synthétique: le tartan. Elle devient ainsi l’une des toutes premières pistes de France à être équipée de la sorte. Un an plus tard, le stade de Sotteville abritera une confrontation entre la France et la Grande-Bretagne. François Saint-Gilles et Philippe Bunel s’y illustrent en remportant chacun leur course.

Dans les années 80, une nouvelle génération prend le relais. Denis Lequément sur 1500 m, Olivier Saint-Gilles sur 110 m haies, le sauteur en longueur Philippe Bouche ou encore le lanceur Patrick Labbé. C’est aussi l’époque du développement de l’athlétisme féminin à Sotteville.

En 1989, l’histoire s’accélère: l’équipe fanion du club accède à la Nationale 1, division qu’elle ne quittera plus jusqu’à aujourd’hui.

Avec une piste rénovée et portée à huit couloirs, il ne restait plus au Stade Sottevillais qu’à mettre sur pied le grand rendez-vous annuel qui lui manquait: la première édition du meeting d’athlétisme de Sotteville-lès-Rouen voit le jour le 28 mai 1987, 24 autres éditions suivront…

 

LE CLUB S’AGRANDIT ET CHANGE DE NOM

En 1992, le Duclair AC rejoint le CORE d’Elbeuf et L’Entente Athlétique du Plateau Est en tant que section locale du Stade Sottevillais. A cette époque, le club en profite pour changer de nom. Même si elle demeure une composante du club omnisports, la section athlétisme revendique alors son autonomie en même temps qu’elle entame un partenariat durable avec le Conseil Général de Seine-Maritime, sous le nouveau label du Stade Sottevillais 76.

Les succès s’enchaînent, marqués notamment par la fin de carrière en apothéose d’Alain Blondel, originaire du CORE, qui connaîtra en l’espace de seulement cinq mois, de mars à août 1994, la joie d’une médaille de bronze à l’heptathlon lors des Championnats d’Europe en salle à Bercy, le bonheur d’une deuxième victoire en Coupe d’Europe d’épreuves combinées avec l’Equipe de France à Lyon, puis la consécration avec le titre de champion d’Europe du décathlon à Helsinki, nouveau record personnel à la clé (8453 points).

Le record de Haute-Normandie ne tiendra pas longtemps, puisque Sébastien Levicq fera encore mieux lors des Championnats du monde de Séville en 1999, en se classant 4ème avec 8524 points. Originaire de la section de Duclair, Kader Chékhémani s’illustre à la même période sur 1500 m: il sera médaillé à trois reprises lors des championnats d’Europe en salle (3ème en 1994 et 1996, 2ème en 1998), après avoir été sacré champion du monde universitaire à deux reprises.

En 1998, l’équipe masculine est rejointe en Nationale 1A par l’équipe féminine, et le club obtient l’année suivante son plus beau résultat collectif sur le stade d’Aix-les-Bains, puisque les garçons décrochent leur quatrième podium (après leur 3ème place en 1995, 1996, et 1997) alors que les filles accèdent à la 4ème place. Le Stade enregistre notamment l’arrivée dans ses rangs d’Emmanuel Bangué, encore tout auréolé de sa quatrième place des Jeux Olympiques d’Atlanta.

 

LES ANNÉES 2000

A nouveau rénovée en 2000, la piste du Stade Jean Adret accueille coup sur coup deux événements majeurs, avec les championnats de France de Nationale 2 en 2002, puis deux ans plus tard les championnats de France Elite, un mois tout juste avant les Jeux Olympiques d’Athènes.

Des Jeux auxquels participent le marcheur David Boulanger, qui s’est illustré en 2001 lors des championnats du monde d’Edmonton (12ème du 50 km), mais aussi le spécialiste du 110 m haies Berlioz Randriamihaja, qui établira en séries un nouveau record de Madagascar en 13″46.

Tatiana Denize n’a pas eu la chance de participer aux Jeux, ce qui ne l’a pas empêchée d’être sélectionnée à quatre reprises pour la Coupe d’Europe de marche et à quatre reprises également pour la Coupe du monde de marche, entre 1997 et 2005. Tatiana connut son heure de gloire en devenant championne de France du 20 km sur ses terres, en 2004.

Le Stade Sottevillais 76 a toujours maintenu une présence régulière au plus haut niveau en cross, comme en témoigne les résultats obtenus par deux de ses représentants au début du siècle : déjà double champion de France sur 5000 m en 1999 et 2001, et sélectionné aux championnats d’Europe de Munich en 2002, Rachid Chékhémani participe à trois reprises aux championnats du monde de cross court en 2002, 2003 (36ème) et 2005.

Egalement spécialiste du 3000 m steeple et du 10 km sur route, Hassan Oubassour décroche lui aussi, en 2006, sa 3ème sélection pour les championnats du monde de cross court, une épreuve dont il prit une belle 30ème place en 2003. La même année, Ydrissa M’Barke est sacré champion d’Europe du 4×400 m à Göteborg, aux côtés de Leslie Djhone, de Naman Keita et d’un certain… Marc Raquil, qui rejoindra le Stade Sottevillais 76 en 2008, tout comme le triple sauteur international Julien Kapek.

En 2008 justement, le stade Jean Adret se voit doté de 4 pylônes d’éclairage équipés de 122 luminaires de 2000 W, permettant à Canal+ d’assurer la retransmission du meeting de Sotteville-lès-Rouen en direct et en prime time, à l’occasion de son entrée dans le Pro Athlé Tour. La même année, Frédérick Pouzy décroche son deuxième titre consécutif de champion de France du marteau. Le lanceur sottevillais réalisera même la passe de trois en 2011, avant de porter son record personnel à 77,05 m l’année suivante.

En 2009, le sprinter d’origine camerounaise Emmanuel Ngom Priso s’illustre en devenant Champion de France en salle du 60 m en 6″63, devant le champion du monde junior Christophe Lemaitre, avant d’être médaillé d’argent sur 4×100 m lors des Jeux Méditerranéens à Pescara. Cette même année, Marisa de Aniceto, double championne de France de l’heptathlon (record personnel à 6182 pts), se classe 12ème des championnats du monde de Berlin, trois ans avant de connaître la joie d’une première sélection olympique à Londres.

Double championne de France sur 800 m comme sur 1500 m, c’est au tour de Fanjanteino Felix de se mettre en lumière en 2010, sélectionnée sur 1500 m pour les championnats du monde en salle de Doha avant d’élever son meilleur chrono sur la distance à 4’01″17 lors du meeting de Paris-Saint-Denis, et de se classer 8ème des championnats d’Europe de Barcelone.

 

PLACE AU SPECTACLE !

En 2011, le Stade Sottevillais 76 réalise son meilleur résultat en finale des Interclubs Elite (formule mixte instaurée en 2006), en accédant à la 4ème place. L’équipe se classera encore 5ème en 2012 et en 2013.

En 2012, le club connaît peut-être la plus belle saison de son histoire, en accédant à la 3ème place du Challenge Emilie Poucan, grâce aux résultats obtenus par l’ensemble de ses représentants lors des championnats de France Elite, avant de terminer en tête du tableau des médailles des championnats de France cadets et juniors. La 24ème édition du meeting international restera également dans toutes les mémoires, marqué par la présence rayonnante de la double championne olympique Yelena Isinbayeva

En janvier 2013, le Stade Sottevillais 76 se lance dans une nouvelle aventure en accueillant, dans l’enceinte du Kindarena, la deuxième étape du Perche Elite Tour. Une première réussie et très spectaculaire, qui se conclura même en apothéose grâce à la meilleure performance mondiale établie par Renaud Lavillenie (5,92 m).

Le 8 juillet dernier, le meeting international de Sotteville-lès-Rouen atteint une nouvelle fois les sommets, avec 7 nouveaux records du meeting sur un total de 14 épreuves, et une place de 28ème meeting mondial. Une édition qui a notamment permis à l’Ivoirienne Murielle Ahouré d’améliorer son record national du 100 m en 10″91, un mois seulement avant ses deux médailles d’argent aux championnats du monde de Moscou.

Le dernier exploit d’un athlète sottevillais date du 18 août 2013, lorsque Gaétan Saku Bafuanga accède à la 7ème place de la finale du triple saut des championnats du monde, avec 16,79 m. Gaétan avait franchi peu de temps auparavant la limite des 17 mètres (17,07 m, lors du meeting de la Roche-sur-Yon), s’emparant également de la médaille d’argent des championnats d’Europe espoirs à Tempere.

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