La femme du mois #Novembre17

La femme du mois #Novembre17

Chaque mois, nous mettons à l’honneur un acteur du Team SS76. Ce mois-ci, nous avons choisi Bibiro Ali Taher. Portrait d’une demie-fondeuse en très bonne forme.

 

Bibiro Ali Taher débute l’athlétisme à l’âge de 7 ans en Basse-Normandie à Hérouville-Saint-Clair. C’est grâce à la Maison du quartier qu’elle découvre ce sport, auquel elle consacre dès le début tous ses mercredis et samedis après-midi. Depuis, elle n’aura de cesse de consacrer tout son temps à cette discipline. D’ailleurs, Bibiro le dit d’elle-même « Depuis cette première licence, je n’ai jamais arrêté de courir ! ». C’est à l’âge de 16 ans, en 2007, qu’elle rejoint le Stade Sottevillais 76. En effet, cette même année, elle quitte sa Basse-Normandie pour intégrer la classe sport étude au lycée Val-de-Seine à Grand-Quevilly. Cette toute jeune demie-fondeuse va ainsi pleinement se consacrer à ses spécialités : le 3000m et le 5000m. Bibiro s’entraine d’abord avec Mickael Zibelle durant six années, puis avec Marcel Gomez le temps d’une année de transition. Depuis 2016, Christian Feuillepain lui prépare ses plans d’entraînement tout en la conseillant sur ses choix de compétitions. « C’est drôle car j’ai d’abord connu Christian en tant que dirigeant du Club. Aujourd’hui, il m’entraîne. Christian est toujours derrière moi. »

Depuis maintenant un an, Bibiro s’illustre sur de nouvelles distances, et pas des moindres ! Désormais, elle use ses semelles sur les routes en se consacrant au marathon. La sottevillaise a souhaité prendre un tournant dans sa carrière sportive tout en souhaitant conserver quelques compétitions sur sa distance de base du 5000m sur piste. « Le marathon c’est un plaisir différent de celui sur la piste. Cette discipline demande beaucoup de travail et de sacrifices. Le marathon m’a permis de gagner beaucoup de mental. Je m’accroche plus au travail foncier notamment avec les footings longs de 1h45 à 2h… un entrainement que je ne faisais jamais avant ! ».

 

Notre entretien avec Bibiro Ali Taher

Quels sont tes objectifs sportifs à long terme ?

J’aimerais améliorer mes records car j’ai fait le choix de mettre ma vie professionnelle entre parenthèses, je veux donc que cela paie ! Je veux progresser et passer un palier sportif avant de signer un 35h. Je souhaite représenter le Club dans les différents championnats et me faire plaisir au niveau national en France. Ensuite, si le destin me le permet, pourquoi pas viser le niveau international. Tout cela va se jouer dans le temps et dépendra aussi de ma forme physique et mentale. Dans tous les cas, je vais donner le meilleur de moi-même pour accéder aux Jeux Olympiques de Tokyo ; pour cela il faudra courir moins de 2h40 !

 

Tu reviens du marathon de la Rochelle, où tu as battu ton record. Parle-nous de ce parcours qui semble plutôt bien te réussir.

La Rochelle c’est mon premier marathon. A l’époque, j’avais très peu de bornes à mon actif. En moyenne, je courrais 80 kilomètres par semaine ce qui n’était pas suffisant pour se lancer sur un marathon. Mais j’ai écouté mon mental et je me suis dit prend le risque et découvre ! Je voulais faire moins de 3h, j’ai fait 2h57. Cette année, je me préparais depuis juillet pour le marathon de Berlin auquel je n’ai finalement pas pu participer. J’étais donc sur la ligne de départ du marathon de Tours où le parcours était très dur et où je n’ai pas réalisé le chrono attendu. Etant tellement déçu, je me suis donc planifié le marathon de La Rochelle. Moi qui comptais faire 2 ou 3 marathons par an, j’ai fait 2 marathons en 2 mois ! Mais j’étais prête mentalement. J’ai souffert mais j’étais heureuse de retourner à La Rochelle. J’ai réalisé un chrono de 2h51. En faisant ces chronos je souhaite remettre les points sur les I, car je veut mettre en avant le demi-fond féminin de Sotteville.

 

Quel va être ton prochain marathon ?

Paris en avril 2018 ! J’ai tellement hâte de le préparer puis de le courir. A La Rochelle, j’ai loupé de peu de passer sous les 2h50 et pourtant je les avais dans les jambes. Aujourd’hui, avant tout, j’aimerais surtout me faire plaisir sur cette discipline qui est très difficile et qui induit beaucoup de souffrances avant et après. A Paris, c’est comme si je courrais à domicile, puisque je serai devant ma famille, mes amis et le Club. Voir tout le monde, va encore plus me motiver. Je pars souvent concourir à l’étranger, il y a donc peu d’occasion pour que le Club vienne me soutenir.

Après Paris, je débuterai ma saison sur piste avec les Interclubs en mai. Cela fait 10 ans que je suis au Club, je n’ai jamais loupé une rencontre des Interclubs. Ensuite, je participerai à différents meetings sur le 5000m. En juillet, je serai aux Championnats d’Afrique à Lagos au Nigeria où je représenterai le Tchad. Enfin, si les Championnats de France Elite ou National se déroulent avant j’y serai également !

 

Pour préparer tes saisons, tu pars chaque année au Kenya. Que ce stage t’apporte-il ? Que trouves-tu au Kenya que tu ne trouves pas ailleurs ?

J’ai découvert ce pays en 2011 grâce à Eliane Saholinirina, qui est arrivée la même année que moi au stade. Avant de venir au Club, elle a passé deux ans dans un centre de formation au Kenya. J’y suis donc allée la première fois avec Eliane et la seconde fois avec Eliane et Nicolas Bernage.

Aujourd’hui, grâce au Kenya je vois le sport d’une manière différente sur le plan humain. Ce côté humain m’a beaucoup touché. En effet, on partage tout là-bas : les entraînements, les repas. Nous sommes un groupe mixte. Au Kenya, les athlètes, peu importe leur niveau, sont très soudés. Tu peux avoir un niveau régional et être le bienvenu chez la Championne Olympique. C’est cette ambiance et cette mentalité que j’aime ! Et surtout je trouve intéressant de découvrir de nouvelles cultures. J’ai passé ma vie en France, partir au Kenya ça permet de se déconnecter et de partager des moments avec des personnes qui sont moins chouchoutées que nous.

 

 

Passons maintenant à ton portrait sottevillais.

 

  • Te souviens-tu de ta première victoire ?

Oui ! C’était en 2002 en Basse-Normandie lors d’un cross. C’était mon premier cross de 5km dans la boue. C’est un très bon souvenir. J’étais dans un petit club très familial du coup tout le monde était derrière moi. C’est là que j’ai commencé à prendre le goût de la victoire.

 

  • Quel est ton pire souvenir en athlétisme ?

Cette année, lors des Interclubs. Je n’ai jamais autant été effondrée sur une piste d’athlé. Lors du 3000m, il me restait plus que 400m et je n’arrivais même plus à marcher. Je me suis fait une déchirure en pleine course. J’ai donc fini la course en marchant car je ne voulais surtout pas abandonner et donc faire perdre des points au Club. Je n’ai jamais fini une compétition dans cet état. Ce genre d’images ça ne représente pas la personne que je suis. Je n’oublierai jamais ce moment.

 

  • Quelle est la séance d’entraînement que tu redoutes ?

Les séances de 2000m ! Je déteste ça, c’est tellement dur ! Il faut vraiment être préparée mentalement. Un 2000m ça va, mais quand tu en as 5 ou 10 à faire c’est affreux. Et si je pouvais éviter les côtes, je le ferais aussi.

 

  • Tu es élue Présidente du Stade Sottevillais 76, quelle est ta première décision ?

Je mettrais en place une charte de partage. Moi, je viens d’une famille nombreuse, j’ai donc toujours connu la notion de partage et de cohésion. Je trouve essentiel que nous soyons tous soudés au sein du Club, quelque soit la discipline, la catégorie, le niveau, le sexe. On perd en équipe, on gagne en équipe. Lorsqu’on est soudés on est plus fort en compétition. Il ne faut pas qu’il y ait de clan. Eliane et moi, nous n’avons pas le même niveau, mais on s’est toujours encouragées. Par exemple, Maxime Ténière, qui est un sprinteur, m’a toujours encouragé sur mes séances de piste. Je trouve ça super important.

 

  • Si nous devions renommer le stade Jean Adret, quel nom proposerais-tu ?

Je proposerais Alain Blondel. Il y a eu beaucoup de champions à Sotteville mais l’histoire d’Alain a vraiment beaucoup marqué le Club. En plus, j’ai eu la chance de rencontrer son père.

 

  • Quel athlète aurais-tu rêvé d’affronter ou rêverais-tu d’affronter ?

J’aimerais bien concourir face à Mehdi Kadri sur un semi-marathon.

 

  • Quel livre emporterais-tu sur une île déserte ?

Soit le livre Bienvenue chez vous soit un journal. Car je lis beaucoup de journaux qui traitent de l’actualité dans le monde.

 

  • Si tu devais convier cinq personnes connues à un dîner, quelles seraient-elles ?

J’inviterais Brad Pitt, Will Smith, Jamel Debbouze, Claudio Marchisio et Céline Dion.

 

  • Quel est ton sport préféré hors athlétisme ?

J’adore le foot. J’ai des petits frères qui font du foot à Caen et de temps en temps je vais les voir aux matchs. Je suis fan de l’OM depuis toujours. Ça m’arrive de regarder les matchs à la télé. Si je les loupe, je lis les résumés le lendemain sur internet.

 

  • Quelle est la qualité que tu apprécies le plus chez les autres ?

Le respect. C’est le plus important car c’est la base de tout. Une personne qui te donne son respect c’est comme si elle t’ouvrait la porte de chez-elle. Une personne respectueuse c’est quelqu’un qui a des valeurs !

 

  • Si tu étais un hashtag ?

#Kirikou. C’est mon surnom car je suis petite et que je cours. En plus j’adore ce dessin animé !

 

Merci Bibiro !

 

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