L’homme du mois #Avril18

L’homme du mois #Avril18

Chaque mois, nous mettons à l’honneur un acteur du Team SS76. Ce mois-ci, nous avons choisi Maxime Thommerel. Portrait d’un Président engagé et engageant.

 

Avant de devenir Président du Club en avril, Maxime Thommerel s’est d’abord impliqué en tant qu’athlète et bénévole. Cet elbeuvien débute l’athlétisme à l’âge de 8 ans (il en a désormais 35) au CORE. Il aime d’ailleurs rappeler son appartenance à une section locale. Maxime part ensuite quelques années à Dublin, pour ses études, où il goûte à la passion du voyage. Equipé de son sac à dos, il entreprend un tour du monde, où il part à la rencontre des jeunes du monde. L’athlétisme ne le quitte jamais puisque l’initiation au sport est un prétexte à ces rencontres « du bout du monde ».

 

Maxime vit désormais près d’Elbeuf et travaille au Havre en tant que Responsable commercial. « Si je suis commercial aujourd’hui c’est aussi parce que j’ai appris à perdre et ça a commencé sur les stades. ». Chaque étape de sa vie semble marquée par l’athlétisme. Aujourd’hui, c’est en tant que Président que nous rencontrons Maxime.

 

 

Notre entretien avec Maxime.

 

Quel est ton lien avec l’athlétisme ?

L’athlétisme c’est ma vie. Je ne peux pas le dissocier de ce qui m’est arrivé dans la vie. Parce qu’en premier lieu, ça m’a amené à être présent au club, et le club m’a énormément apporté. Je n’aurais jamais continué mes études si je n’avais pas été au club et été conseillé par des personnes du club. Le Stade m’a aussi apporté une bonne partie des amis que j’ai encore aujourd’hui. Je suis quelqu’un qui aime les gens, et l’athlétisme m’a appris à côtoyer des personnes de tous horizons et ça c’est important. Franchement, si je n’avais pas eu l’athlétisme je n’aurais pas connu tout ça, je serais resté dans mon quartier, dans ma vie et je n’aurais jamais été à la rencontre d’autres personnes. C’est le club et l’athlétisme qui m’ont amené à voyager, à faire le tour du monde, c’est un voyage qui a littéralement changé ma vie.

 

Tu as rejoint le Comité Directeur en 2017. Pourquoi as-tu souhaité devenir Président ?

Parce que c’était une suite logique. Le club m’a tellement apporté. J’ai pu être bénévole, j’ai pu côtoyer des athlètes qui étaient en poster dans ma chambre en sport étude. J’ai commencé en portant les casiers des athlètes que j’admirais. Quand tu es bénévole tu donnes mais tu prends aussi beaucoup, tu prends du plaisir à aider un projet collectif.

 

Quand Jacques a exprimé sa volonté de quitter la présidence, je me suis dit : pourquoi pas moi ? C’est à mon tour d’apporter au club. C’est ça qui m’a amené à me dire que je pouvais devenir Président. J’ai vu que Gaspard Carpentier, l’homme du mois dernier, voulait également devenir Président du club. Tu vois ça me fait plaisir de se dire qu’il y a des gens pour qui le club apporte et en retour se disent moi aussi je pourrais apporter et devenir Président. J’ai plaisir à lire ça.

 

Quelles sont les grandes lignes et les objectifs de ton projet pour le Club ?

Concernant le projet club, le premier élément que j’aimerais rappeler c’est que je veux être le détonateur. En aucun cas c’est un projet que je veux porter seul. C’était évident qu’avec un Comité Directeur que je ne connaissais pas encore au moment où j’ai commencé ma réflexion, j’étais obligé de fixer un cadre au projet. Maintenant, le projet nous allons l’écrire ensemble, c’est un projet collectif. S’il y a des arbitrages à faire je les ferais. Néanmoins, l’application du projet sera collective c’est évident. Il faut donc une adhésion totale.

 

Pourquoi un projet ? Parce que tu ne peux pas avancer si tu ne sais pas où tu vas. Même si la présidence est d’un an, je suis prêt à m’investir au moins pour trois ans, si on me fait confiance. La première année, tu vas avoir une phase de réflexion, la deuxième année tu vas commencer à mettre en place tes actions et la troisième année tu récoltes les fruits et tu commences à mesurer l’impact des actions mises en place. C’est pourquoi ça me paraissait primordiale d’avoir ce projet pour le club.

 

Après, cela me parait tôt de détailler le projet. Néanmoins, je pense que dans les grandes lignes on est d’accord pour dire que l’on veut continuer que le club soit un club phare sur le territoire et dans l’athlétisme en général, continuer à être un club référent, et pourquoi pas (ça c’est mon ambition personnelle) être le club le plus grand. Maintenant, il faut voir comment on définit « le plus grand ». Est-ce que c’est à travers le résultat des interclubs, les actions que l’on a, parce qu’on peut dire qu’on est largement l’un des meilleurs, même si aux interclubs c’est pas forcément le cas.

 

C’est également important de s’inscrire dans le territoire et pas seulement se tourner vers le haut-niveau. Quand je parle de s’inscrire dans le territoire c’est de ne pas oublier que l’on a des sections locales qui forment un vrai maillage de la métropole avec des actions concrètes et complémentaires du club.

 

Il ne faut oublier que le sport ce n’est pas que du haut-niveau. Il y a certaines personnes, comme toi et moi, qui peuvent trouver du plaisir à aller courir une à deux fois par semaine et c’est ce que nos partenaires nous demandent. Si la mairie de Sotteville nous suit autant c’est parce qu’elle veut faire bouger les gens de Sotteville et pas uniquement les amener au haut-niveau. Il faut qu’on arrive à faire le grand écart entre les deux et si on ne dit pas concrètement ce qu’on veut pour le haut niveau et l’athlé loisir, nous n’y arriverons pas.

 

Ensuite, il y a l’aspect événement que l’on prolonge puisque notre objectif c’est de continuer sur la même lancée puisqu’on est très bon. Il y a donc aussi une vraie inscription dans le territoire qui est différente, tu n’amènes pas les gens à faire du sport mais tu les amènes à voir un spectacle, à apprécier l’athlétisme, ça fait partie du projet.

 

Autre point sur lequel Kader a insisté, et que je trouve important, c’est l’éducation. Amadou a pas mal insisté là-dessus aussi. L’éducation et le vivre ensemble me paraissent deux points très importants à partager autour du sport.

 

Quelle était la discipline que tu pratiquais ?

Le sprint. C’est parti d’un plaisir de base, dans les cours de récrée : courir plus vite que les copains. Donc déjà j’aimais courir vite, du moins j’avais l’impression de courir vite. J’aimais bien aussi la longueur mais j’étais beaucoup moins bon donc je prenais moins de plaisir. J’ai donc continué à persévérer dans le sprint et plutôt dans le 400m. J’ai fait partie de la dernière équipe des interclubs qui était sur le podium et ce n’est pas normal. C’était à Aix-les-Bains, on a fini 3e, j’en ai de très bons souvenirs.

 

Je parlais du projet et le projet c’est que je ne puisse plus dire ça. Que dans deux ans je remonte sur le podium en tant que Président et que j’arrête de dire que j’étais le dernier.

 

J’ai toujours vécu l’athlétisme avec des yeux d’enfants et je pense même encore maintenant. Donc j’avais la chance d’aller aux interclubs de courir à coté de Stephane Diagana, Kader Chekhemani, d’Emmanuel Bangué. Et quand tu as 15 ans, pour moi c’était comme une sélection avec l’équipe de France. J’avais une pression de malade et j’étais ravi, vraiment.

 

Avec qui t’entrainais-tu ?

Avec Jean-Pierre Blondel. Il m’a énormément apporté. Sans lui, je n’aurais pas pu faire de l’athlétisme. Il me conduisait au stade très souvent. Il avait un engagement assez incroyable ! Il m’a fait rencontrer mes compères d’entrainement : Vincent Turpin et Frédéric Bunel. Tous les entraineurs du club, et je pense que les athlètes ne le réalisent pas assez, ont un engagement qui va au-delà de leur bénévolat, avec un engagement personnel, qui prend sur leur vie professionnelle, sur leur vie de famille et donc ça mérite d’être remarqué.

 

 

Passons maintenant à ton portrait Sottevillais.

 

Te souviens-tu de ta première victoire ?

Franchement non. Enfin, la première qui me vient en tête, même si je ne sais pas si c’est ma première victoire, c’est à l’école. C’est ça qui m’a amené à l’athlé : les petites courses à l’école à la Cerisaie à Elbeuf. J’ai gagné l’une d’elles et mon prof m’a dit « Mets-toi à l’athlé ».

 

Apportais-tu de l’importance aux victoires ?

Je faisais de l’athlétisme pour gagner. C’est pour cela que c’est bien que je sois bien entouré au Comité Directeur, pour me rappeler que l’athlé ce n’est pas que ça. J’ai tendance à voir l’athlétisme à travers la performance. Je ne conçois pas de faire un sport en loisir, mais aujourd’hui c’est ce que je dois faire, je dois m’y accommoder car je n’ai plus le temps.

 

J’accordais beaucoup d’importance aux victoires, et c’est pour cela que je m’entrainais autant. C’était dur. Si je suis Responsable Commercial aujourd’hui c’est parce que j’aime gagner. Enfin il y a deux aspects, je ne suis pas un requin et je ne suis pas prêt à tout pour gagner. Néanmoins je veux vraiment donner le meilleur de moi-même et voir à quel niveau je peux aller, et si je gagne c’est mieux.

 

Maintenant, je ne prends moins de plaisir à gagner seul, j’ai envie de gagner en équipe. C’est peut-être là qu’il y a un virage qui peut être intéressant pour moi à en tant que Président.

 

Quel est ton pire souvenir en athlétisme ?

Lorsque je me suis essayé au 320m haies et que je suis tombé. Je me suis lourdé en sortie de virage comme je ne voulais pas être dernier, j’ai abandonné. C’est pour ça que c’est deux mauvais souvenirs : la chute et l’abandon. Aussitôt, je me suis fait engueuler par Yann car c’était aux interclubs et j’avais pénalisé toute l’équipe. C’est un mauvais souvenir car j’ai honte d’avoir pénalisé un collectif par un comportement individuel.

 

Qu’elle a été ta première décision en tant que Président ?

Ma première décision a été d’écrire un projet pour notre Club. Cela me semblait important de poser des bases.

 

Si nous devions renommer le stade Jean Adret, quel nom proposerais-tu?

Jean-Pierre Blondel. Je ne peux pas le dissocier de mon histoire, ça a été quelqu’un d’important pour moi et je pense qu’il a aussi été important pour le club. Il a voué sa vie à l’athlé et aux autres, donc rien que pour ça je ne vois pas qui d’autre.

 

Quel athlète aurais-tu rêvé d’affronter?

Même si j’aurais été très ridicule ça aurait été Usain Bolt. Il a amené l’athlétisme à un niveau de médiatisation incroyable. Aujourd’hui, quand je parle de l’athlé avec des clients ou des collègues, ils ne connaissent pas vraiment la discipline. Même Renaud Lavillenie il y en a très peu qui le connaisse, alors que pourtant il est incontournable. Par contre, ils connaissent tous Usain Bolt, donc c’est assez incroyable. Il a apporté un coté fun à l’athlétisme et ça fait plaisir.

 

Quel livre emporterais-tu sur une île déserte ?

Les quatre accords Toltèques de Miguel Ruiz. C’est un livre qui t’aide à mieux vivre, à l’intérieur de toi et avec les autres. Il m’a fait prendre conscience que pour pouvoir t’investir collectivement dans un projet il fallait déjà te recentrer sur toi. Trop penser à sois et être trop égoïste, c’est une mauvaise chose. Trop donner collectivement, à un moment donné tu te perds. Ce livre apporte l’équilibre.

 

Si tu devais convier cinq personnes connues à un dîner, quelles seraient-elles ?

Après réflexion, j’inviterai Barack Obama (il m’a donné de l’espoir), Nelson Mandela (il a réalisé des actions incroyables), Winston Churchill, Simone Weil et Sandrine Roudaut (je l’ai découvert dans des TedX).

 

Quel est ton sport préféré hors athletisme ?

J’aime le sport en général mais il n’y a pas d’autre sport que j’aime autant que l’athlé. Après il y a le football avec l’OM parce qu’en sport étude ont été abonné à l’Equipe et comme il n’y avait que des pages football j’ai fini par m’y intéresser.

 

Quelle est la qualité que tu apprécies le plus chez les autres ?

L’altruisme, les gens qui s’intéressent aux autres. Pour moi c’est la qualité première pour réussir sa vie. Les gens que je préfère sont ceux qui s’intéressent aux autres et sincèrement. En général, ceux que j’admire sont des leaders, des grands patrons… ces personnes-là ont une qualité qui revient à chaque fois : ils s’intéressent aux gens pour ce qu’ils sont et non par intérêt.

 

A l’inverse, quel est le défaut qui te rebute le plus ?

Les gens pervers, les gens qui sont sournois, manipulateurs. Ces personnes vont tout faire pour aller dans leur sens et te détruire toi.

 

Si tu étais un hashtag ?

#basique

 

Merci Maxime !

1 Comment

  • Aurélien Lanchon Posted 18 mai 2018 19 h 11 min

    Bravo pour l’interview. Quel homme

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