L’homme du mois #Mai18

L’homme du mois #Mai18

Chaque mois, nous mettons à l’honneur un acteur du Team SS76. Ce mois-ci, nous avons choisi Hassan Oubassour. Portrait d’un demi-fondeur à la longévité à toutes épreuves.

 

Hassan Oubassour arrive en France en 1992, à l’âge de 12 ans. Le jeune garçon arrive dans le giron de l’athlétisme par hasard, en voulant suivre les traces d’un habitant de son village : Mohamed El Ghazouani. « Tout le monde connaît Momo ! ». Hassan goute ensuite aux plaisirs des cross du collège et UNSS. C’est à cette époque que son premier entraîneur, Jacques Sieurin, le repère et l’encourage à continuer dans cette voie.

C’est à 20 ans qu’il rejoint le Stade Sottevillais 76. Entraîné par Marcel Gomez puis Christian Feuillepain, le jeune militaire fait les belles heures du demi-fond sottevillais. L’athlète, mis en lumière par le Club, réalise de très belles performances sur le 3000m steeple (8’27’’49 en 2011), sur le 10km (29’30 en 2012) et sur le semi-marathon (1h06’30 en 2013). Désormais, il ne manque plus qu’une corde à son arc : le marathon, une épreuve qu’il souhaiterait ajouter à son palmarès. Hassan a également porté le maillot de l’équipe de France à plusieurs reprises, notamment lors des Championnats du Monde de cross court de 2003, 2005 et 2006.

Désormais, à l’aube de ses 38 ans, Hassan foule plus que jamais les routes et les pistes. Il appartient à ces grandes figures du demi-fond sottevillais. La rentrée 2018 lui apportera une nouvelle casquette puisqu’il reprendra, en collaboration avec Kader Chekhemani, la tête de l’entraînement du demi-fond sottevillais.

Notre entretien avec Hassan.

A la rentrée, tu reprends le groupe du demi-fond avec Kader Chekhemani. Peux-tu nous en dire plus ?

L’idée c’est de remonter un groupe sympa parce que le Stade Sottevillais a connu une belle époque de demi-fondeurs. Nous étions très forts. Je ne sais plus pendant combien d’années nous avons gagné les Championnats de France de cross. Il y avait une superbe dynamique. Ça me tient à cœur de recréer un groupe sympathique où on se retrouve 3 à 4 fois par semaine pour s’entraîner ensemble.

Désormais, il faut que les athlètes adhèrent et que l’on essaie de faire revenir quelques personnes qui sont parties dans d’autres clubs. J’espère qu’ensuite ils tiendront leurs engagements.

Pour ce qui est de Kader, il a une réputation, un palmarès, un nom ! Je pense que cela peut contribuer à fédérer. Nous voulons créer quelque chose de durable ; que les athlètes ne viennent par pour une ou deux années, mais pour un projet sur du long terme.

 

Hassan, ta carrière sportive fait preuve d’une belle longévité, dis-nous quel est ton secret ?

Le secret ? Il n’y a pas de secret ! Déjà le plaisir tu vois, surtout s’entraîner sérieusement et le faire très intelligemment. Parce qu’il y en a beaucoup qui s’entraînent et qui veulent tout de suite perfer et ça c’est un conseil qu’on devrait donner aux jeunes : si vous voulez durer, peu importe le sport, il faut s’entraîner très intelligemment et le faire bien, parce qu’en grillant des étapes on peut se griller très facilement ou alors carrément être dégoûté du sport qu’on fait.

Quand j’ai commencé l’athlétisme, mon entraîneur, jusqu’en junior et quasiment espoir, ne m’a jamais fait souffrir à l’entraînement en me disant « Non il faut que tu fasses ci, faut que tu fasses ça ! ». Il a su me préserver. Cela a toujours été un plaisir d’aller à l’entraînement, c’était sous forme de jeu.

 

Peux-tu nous dire quels sont tes objectifs pour la suite ?

Franchement, l’objectif numéro 1 pour moi c’est bien sûr d’être encore compétitif les années qu’ils me restent avant d’être vétéran voire plus. Ensuite, j’aimerai bien faire un marathon, ça me trotte dans la tête depuis un certain temps mais après un marathon c’est pas facile parce qu’il faut le préparer, il faut du temps. Et comme on le disait tout à l’heure, je veux consacrer du temps à relancer le demi-fond. J’aimerai amener quelques jeunes le plus loin possible. Ca me ferait plaisir de voir un de nos poulains, peut-être d’ici 5-10 ans, côtoyer le très haut niveau. Ça ferait très plaisir de voir des jeunes prendre la relève, même si je ne m’appelle pas Mekhissi ! Plus sérieusement, des fois il faut aussi avoir les pieds sur terre et savoir ce qu’on a fait ! J’ai fait une petite carrière, je n’ai pas fait des choses extraordinaires mais moi ça me suffit à être heureux. Comme je t’ai dit tout à l’heure, j’ai toujours pris du plaisir sans me prendre la tête. Si à l’avenir on arrive à monter quelques jeunes et à aller très loin ce sera l’idéal.

 

Passons maintenant à ton portrait Sottevillais.

Te souviens-tu de ta première victoire ?

Ah non franchement pas du tout… ou peut-être à un cross du collège, j’étais en 6ème je crois. J’avais gagné et c’était aussi ça qui m’avait poussé à courir. Par la suite j’ai pris une licence et c’était parti !

 

Apportes-tu de l’importance aux victoires ?

Plus maintenant. A une époque oui parce que quand tu fais du haut niveau, tu es un compétiteur et tu as envie de gagner à chaque fois. Mais bon le niveau était tel que tu ne pouvais pas gagner à chaque fois… Maintenant, à mon âge, peu importe la victoire. Je cours vraiment pour le plaisir. Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que je suis un miraculé. Je reviens de loin. Je me suis fait opérer du tendon d’Achille trois fois. La dernière opération date d’il n’y a pas très longtemps : en 2013. Donc je prends ce qu’il y a à prendre et surtout je me fais plaisir. Tant que mes jambes et mon physique me permettent d’aller courir, je veux me faire plaisir, que se soit aux cross ou sur la route j’irais, pour gagner ou pas, peu importe.

 

Quel est ton pire souvenir en athlétisme ?

En 2003 aux Championnats de France à Narbonne. Les minima pour les Championnats du Monde étaient, je crois, à 8’26 un truc comme ça. Franchement, ce jour-là, on était largement sur les bases des minima. Il restait environ 500m et voilà, à cet instant je me pète le tendon d’Achille.

J’ai eu ensuite beaucoup de mal à revenir ; j’ai mis plus d’un an quasiment pour revenir à un bon niveau. En 2003, 2004 et 2005, j’ai bien recouru les cross. J’ai refait des sélections en équipe de France de cross et voilà… il fallait que l’autre pète en 2007. Mais bon le pire souvenir c’était vraiment en 2003.

 

Quelle serait ta première décision en tant que Président ?

Ah si j’étais Macron !? Je voudrai régulariser tous les sans-papiers ! Non mais, ma première décision ?! Waouh tu poses des questions dures… Si j’étais Président du club j’essaierai de créer une harmonie au sein du club pour que les gens puissent se connaître un peu plus. Tu vois, moi ça fait 20 ans que je suis au club et il y a des gens que je ne connais même pas ! Après c’est peut-être un peu de ma faute parce que je ne viens pas beaucoup… mais ça il ne faut pas le dire… Il n’y a pas que moi qui l’a remarqué. On sent quand on vient au stade qu’il y a un groupe là-bas, un groupe là-bas et les gens ne se connaissent pas forcément tous ! Après c’est qu’une décision de ma part, ce n’est pas un gros truc qui va chambouler ou révolutionner le club mais pour moi c’est important.

 

Si nous devions renommer le stade Jean Adret, quel nom proposerais-tu ?

Oula, j’en sais rien moi… Forcément un athlète connu qui a marqué l’histoire du Club. Il y en a eu du monde qui a marqué l’histoire !

 

Quel athlète aurais-tu rêvé d’affronter ?

A l’époque, il y avait un tel niveau, que ça aurait été impossible… Mais j’aurai aimé courir au moins une fois contre Hicham El Guerrouj, recordman du monde du 1500m en 3’26’’00, ça fait rêver n’est-ce pas ?

 

Quel est ton sport préféré hors athlétisme ?

Le foot ! J’adore le foot ! En plus, j’aime bien jouer au foot mais bon j’évite de jouer parce que sinon la blessure est vite arrivée… D’ailleurs si je n’avais pas fait d’athlétisme je pense que j’aurai fait du foot.

 

Quelle est la qualité que tu apprécies le plus chez les autres ?

La franchise, l’honnêteté, la sincérité. Je pense que ce sont les qualités qu’il faut pour aller plus loin. Tant que tu es sincère et honnête tu as tout ce qu’il te faut !

 

A l’inverse, quel est le défaut qui te rebute le plus ?

La trahison.

 

Si tu étais un hashtag ?

#sourire

Merci Hassan !

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