La Femme du mois #Juin19

La Femme du mois #Juin19

Chaque mois, nous mettons à l’honneur un acteur du Team SS76. Ce mois-ci, nous avons choisi Odile AHOUANWANOU. Portrait d’une athlète au grand cœur.  

 

Arrivée au Stade Sottevillais 76 en 2014 grâce au programme solidarité olympique, Odile est la nouvelle détentrice du record du club en Heptathlon. Au départ, le cœur de cette athlète au physique hors norme penchait plus vers le foot. C’est seulement en 2008 qu’elle prend véritablement l’athlétisme au sérieux. « En 2008, la fédération m’a sélectionnée pour la première fois en équipe nationale. Et là, j’ai pris la discipline au sérieux et je me suis mise à mieux m’entraîner, c’est venu petit à petit. »

Béninoise, elle détient cinq records de son pays et y a été de nombreuses fois Championne de saut en hauteur et d’heptathlon. En 2017, elle a été la première béninoise médaillée aux Jeux Islamiques de Baku et l’année suivante, elle a été sacrée Championne d’Afrique d’heptathlon à Asaba au Nigeria. Ce fut une médaille historique pour le Bénin puisque qu’aucun athlète national n’avait remporté une médaille aux Championnats Africains depuis 1960 !

 

 

Notre entretien avec Odile.

Il y a quelques semaines lors du Décastar, tu as terminé ton heptathlon avec 6200 points, ce qui t’as permis de battre le record du club et le record du Bénin, comment as-tu vécu ce moment particulier ? 

Déjà je m’attendais à une grosse performance, donc je suis contente d’avoir réalisé ça. Mais de l’autre côté je me dis que j’aurais pu mieux faire, je pouvais battre plus mon record, celui du pays et en même temps celui du club. Donc voilà je suis partagée, dans la joie et en même temps un peu de regrets. Mais plus la joie que le regret.

 

Cela fait plusieurs années que tu es en France désormais, est ce que tu as réussis à bien t’acclimater et t’intégrer ?

Cinq ans et quelques mois et oui ça va ! Et c’est la raison pour laquelle je suis encore là, sinon j’aurais déjà changé de pays. Je me suis bien intégrée, bien adaptée, le début ce n’est pas facile puisque tu quittes un climat tropical pour un climat où il y a l’hiver, il y a l’été. Ça n’a pas été évident pour moi mais je supporte mieux qu’au début donc ça va !

Les saisons précédentes tu étais animatrice à l’école d’athlé et tu es désormais membre du Comité Directeur du club, est ce que c’est important pour toi de t’impliquer dans la vie de ton club ?

Oui c’est important pour moi ! Parce que déjà l’athlétisme c’est un peu ma vie, je ne connais pas d’autres activités à part ça ! Donc pour moi entraîner les jeunes c’est très important. Déjà je pense que ça les motive d’être entrainés par quelqu’un comme moi. Et de l’autre côté ça m’enrichie parce qu’à force d’entraîner les enfants, je les corrige, je fais des recherches et j’ai suivi ma formation de coaching.

Après être membre du comité directeur, je pense que oui c’est important dans la mesure où je suis au club depuis 5 ans mais je ne le connais pas véritablement au final. Je viens juste dans les bureaux, et je vois tout le monde travailler mais de quoi il s’agit je ne le sais pas vraiment. Je me suis intégrée cette année et ça me permet justement de savoir comment les salariés, les membres et les bénévoles travaillent pour qu’on trouve un résultat ! En tant qu’athlète en dehors du comité on ne sait pas trop le travail qui a été fait. On voit juste le résultat mais on ne connaît pas trop les difficultés. Donc à force d’y participer, je saurai comment il fonctionne, quelles sont les difficultés, qu’est-ce que je peux apporter. Et je pense que je pourrai aussi parler en tant qu’athlète, puisque nous, athlètes, on a aussi nos difficultés que les personnes dans les bureaux ne connaissent peut-être pas. Je pourrai mieux parler des athlètes qu’eux et avoir un rôle de porte-parole. Pour moi c’est important de l’avoir intégré et d’y participer, si je peux apporter quelque chose au club, tant mieux !

 

J’ai appris que tu jouais également dans un club de foot, tu avais besoin de faire un sport autre que l’athlétisme ?

Le foot en fait, j’en ai fait pendant longtemps. De base j’étais footballeuse professionnelle pendant quelques années et après l’athlétisme a pris le dessus parce que j’ai eu des bourses qui m’ont fait déplacer du pays donc je suis allée à Lomé au Togo. Après le centre de Togo je suis allée à l’île Maurice. Je voyage grâce à l’athlétisme ce qui fait que je n’arrive plus à faire du foot comme je l’aurais souhaité. Ici, si je trouve l’opportunité de faire du foot autant en profiter. Pour l’instant j’entraîne les petites filles de Sotteville, des U7 aux U9 donc j’en profite pour pratiquer ma passion donc pourquoi pas faire du foot et de l’athlétisme, faire les deux pour moi c’est juste un équilibre !

 

Tu es très populaire dans ton pays d’origine, le Bénin, comment le vis-tu ?

C’est toujours un honneur de voir que les gens s’intéressent à ce que tu fais et qu’ils te célèbrent, je le vis bien ! Et j’essaye de ne pas les offenser parce que quand tu descends tout le monde veut te voir donc il faut essayer de satisfaire les gens. Comment dirais-je, j’essaie de rencontrer tous ceux qui sont disponibles à la fois pour ne pas créer de polémique. Voilà je le vis bien et je suis très contente qu’il y ait cette reconnaissance.

 

Quels sont tes objectifs à venir ?

Alors d’abord c’est d’avoir les minima qui sont à 6300 points. Lors des Championnats du Monde j’espère être finaliste et l’année prochaine ce sont les JO et l’objectif est le même, être dans les 8 meilleures !

 

Y-a-t-il une raison particulière pour laquelle tu pratiques l’heptathlon et pas une autre discipline ?

Non je n’ai pas choisi l’heptathlon ! À la base je n’aime pas ça ! Moi je faisais du poids et de la hauteur. Mais en 2011, lors des championnats nationaux, un entraîneur m’a proposé l’heptathlon. Au début je ne savais pas de quoi il s’agissait. Donc je lui ai demandé et il m’a cité les épreuves et j’ai dit « non je ne veux pas faire ça » parce je ne voulais pas faire une compétition sans entraînement. Il m’a poussé à le faire et finalement j’ai gagné toutes les épreuves et c’est comme ça que j’ai commencé l’heptathlon.

 

Passons maintenant à ton portrait sottevillais.

Te souviens-tu de ta première victoire ?

Pas vraiment, je me rappelle juste l’année où je suis arrivée au club en 2014, c’était la période des interclubs. Vincent ne me connaissait pas trop encore donc il m’a dit de faire le lancer de javelot en équipe 2. Et j’ai lancé à 42m et il ne s’y attendait pas ! La fille de l’équipe 1 n’avait pas lancé aussi loin que moi. Donc voilà c’est mon plus vieux souvenir ici.

 

Accordes-tu de l’importance aux victoires ?

Oui ! On ne dirait pas parce que quand je gagne je ne rigole pas. Beaucoup me disent tu n’es pas contente ? Oui je le suis mais voilà, la victoire c’est pour ça qu’on s’entraîne, on s’entraine pour gagner, quand je gagne c’est rare pour moi de manifester véritablement ma joie. Mais franchement je donne beaucoup d’importance aux victoires parce qu’on s’entraîne et on se bat pour ça !

 

Quel est ton pire souvenir en athlétisme ?

C’était aux Championnats de France en salle ou j’avais commencé l’heptathlon et je ne l’ai pas fini parce que j’avais trop mal. Je savais que j’avais une douleur avant la compétition mais ça m’a quand même choqué de ne pas finir cet hepta. Mais ce n’est pas non plus un souvenir horrible.

 

Quelle serait ta première décision en tant que Présidente du club ?

Lutter pour avoir du sponsoring pour les athlètes. Je pense que dans ce domaine ça va être un combat. Je pense qu’en tant que sottevillais on devrait avoir notre équipement à nous, qu’importe la marque mais il faut que ce soit vraiment un truc spécialement pour le club.

 

Si nous devions renommer le stade Jean Adret, quel nom proposerais-tu ?

Euh… Aucune idée… Ou peut-être la maire de Sotteville, Luce PANE, parce que je pense que c’est une dame qui fait beaucoup pour la ville et pour lui rendre hommage ça serait bien de parler d’elle !

 

Quel athlète aurais-tu rêvé d’affronter ?

Alors je rêvais de rencontrer Nafissatou THIAM mais je l’ai déjà rencontrée deux fois maintenant ! C’est un exemple pour moi, je pense qu’elle est complète, elle a tout ce qu’un athlète doit avoir pour évoluer. J’aimerais vraiment être à sa place, j’aimerais lui ressembler. J’ai eu la chance de l’affronter au Décastar et aux Championnats du Monde en 2017 donc c’est un rêve accompli !

 

Quel livre emporterais-tu sur une île déserte ?

Je ne sais pas vraiment, je ne lis pas beaucoup donc je ne peux pas dire tel ou tel livre mais je dirais un livre sur l’histoire car j’aime ça !

 

Si tu devais convier quatre personnes connues à un dîner, quelles seraient-elles ?

Samuel ETO’O le joueur de foot, c’est mon icône je l’apprécie vraiment ! Et ensuite Usain Bolt et Nafissatou THIAM. Après pour le quatrième… je ne sais pas vraiment, on va dire que 3 personnes suffisent !

 

Je pense qu’on a eu la réponse tout à l’heure, mais quel est ton sport préféré hors athlétisme ?

Le foot !

 

Quelle est la qualité que tu apprécies le plus chez les autres ?

La sincérité c’est important !

 

A l’inverse, quel est le défaut qui te rebute le plus ?

L’hypocrisie, c’est vraiment quelque chose que je ne supporte pas.

 

Merci Odile ! 

Add Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

facebook
twitter
youtube