L’homme du mois #Juin18

L’homme du mois #Juin18

Chaque mois, nous mettons à l’honneur un acteur du Team SS76. Ce mois-ci, nous avons choisi Daniel Russis. Portrait d’un coach au grand cœur.  

 

Daniel Russis compte parmi les figures marquantes du Club. D’abord athlète puis désormais entraîneur référent de la perche, l’elbeuvien ne regarde plus les heures passées au stade. Venu à l’entraînement par le biais de ses enfants, Daniel coache aujourd’hui une quinzaine d’athlètes afin de les conduire le plus haut possible.

 

Plusieurs fois sélectionné en Equipe de France, de Junior à Espoir, Daniel possède un record à 4,80m, réalisé en 1969. « C’était une belle performance à l’époque puisqu’en junior j’étais dans les meilleurs européens, dans les 6-8 quelque chose comme ça. »

 

Le sport aura jalonné sa vie, puisque à la ville il était professeur d’éducation physique. Désormais, à 67 ans, il souhaite prendre du plaisir à l’entraînement avec une petite part de nostalgie : « Après ce qui commence peut-être à me gêner c’est de me dire que le temps passe. Soudain on se dit tiens t’arrives presque à 70 ans… il reste moins de temps ! Mais comme j’ai encore des enfants jeunes j’aimerai les voir le plus longtemps possible forcément ! »

 

Notre entretien avec Daniel.

Nous avons décidé de te mettre à l’honneur ce mois-ci car tu as un groupe en très bonne forme notamment avec des filles au top : Mathilde, Elise, Juliette…

Et même Romane qui a battu son record, en une année, de 70cm. Il y a aussi Léa, Thibault, Aymeric, Marius et Clément, qui était présent toute l’année même s’il s’est peu entraîné. Mathis, le décathlonien, est également revenu…

 

Alors c’est quoi ton secret pour révéler tes athlètes ?

Je n’ai pas de secret, ce sont eux qui sont assidus et qui ont envie de progresser. Moi je les laisse un peu venir et puis j’essaye de les accompagner au mieux.

 

Tu es un bénévole actif lors du Perche Elite Tour de Rouen. Depuis l’arrivée de ce circuit, as-tu ressenti le développement d’une culture perche ?

A Sotteville, je ne sais pas. Mais il est évident que le système, je ne parle pas du concours Elite, mais tous les concours qu’il y a dans la journée, est quelque chose qui n’existe qu’au saut à la perche au niveau français et même européen. Je pense que ça n’existe pas beaucoup ailleurs. Ça permet à tous les niveaux de venir sauter. Moi c’est ce qui m’intéresse dans le Perche Elite Tour. J’aime bien voir sauter les grands champions car ça termine le spectacle de la journée, mais ce qui se passe dans la journée c’est vraiment important.

 

Elise, par exemple, elle n’aurait pas de compétitions de son niveau s’il n’y avait pas les Perche Elite Tour l’hiver. Elle arrive au Championnat Régional, elle saute une fois et elle a battu tout le monde. Après elle commence à sauter pour elle, mais elle est toujours toute seule. Alors que dans les Perche Elite Tour, elle est dans un concours où elle va sauter avec des gens de son niveau. C’est ça qui est bien, pour l’entraîneur que je suis bien sûr. C’est le plus important dans cette compétition du Perche Elite Tour.

 

 

Passons maintenant à ton portrait Sottevillais.

 

Te souviens-tu de ta première victoire ?

Ma première victoire en tant qu’athlète, c’était au saut en hauteur mais alors là je ne sais plus…  C’était je pense en compétition scolaire au lycée.

 

Apportes-tu de l’importance aux victoires ?

Je ne sais pas parce que je n’ai surement pas un caractère très battant. Je privilégie plus le plaisir et c’est surement aussi un défaut en tant qu’entraîneur parce que je ne sais pas forcément l’inculquer aux jeunes. Mais bon c’est aussi ma conception donc je ne vais pas non plus changer… Enfin c’est compliqué de changer sa personnalité je crois, il faut la garder un peu quand même !

 

Quel est ton pire souvenir en athlétisme ?

En tant qu’athlète je n’ai pas de pire souvenir. Ou peut-être une blessure une fois aux Championnats de France. J’étais très jeune, je devais être cadet je crois, et je me suis blessé à l’échauffement à cause du sautoir trempé Ma cheville est partie à l’échauffement et je me suis fait une entorse, alors que je n’avais même pas fait un saut.

 

En tant que coach, c’est quand les athlètes font un zéro. Ils sont malheureux et moi je ressens une responsabilité.

 

Quelle serait ta première décision en tant que Président ?

Je ne sais pas parce que toutes les personnes qui ont été Président, ou qui y sont, ont la volonté de faire des choses. Mais il nous manque souvent les moyens parce que notre sport n’est pas très reconnu. Le foot, le tennis… il y a énormément d’argent. Nous, parfois on n’a pas 100 euros pour faire quelque chose, donc je pense que c’est un peu frustrant pour les gens, que ce soit le Président ou les directeurs sportifs du Stade. Après si j’étais Président, c’est sûr que la première chose que je mettrais en place ce serait d’essayer d’avoir une salle. En plus de s’entraîner, ça permettrait de fédérer un peu tout le monde. Je ne suis pas le seul à le dire !

 

Bon bien sûr, on peut toujours dire que dans le temps c’était déjà comme ça et que ça n’a pas empêché certain d’y arriver. On peut toujours dire ça, mais on peut aussi peut-être espérer qu’un jour se sera autrement, que se sera plus facile.

 

Si nous devions renommer le stade Jean Adret, quel nom proposerais-tu ?

Je ne sais pas trop, mais quelqu’un qui a fait beaucoup pour le Stade tant qu’à faire ! Je dirais un peu comme Maxime Thommerel, soit Jean-Pierre Blondel soit Christian Feuillepain. Ces deux personnes ont marqué l‘histoire du Club.

 

Quel athlète aurais-tu rêvé d’affronter ?

D’affronter non ! Je ne suis plus dans le système d’être un athlète donc je n’arrive pas à me projeter. En plus, les athlètes qui font rêver au saut à la perche par exemple, on les a tous vu au Perche Elite Tour, on va les voir au Meeting. Ce sont des personnes que j’ai vu pas mal de fois et c’est vrai que de ce côté-là j’ai été gâté !

 

Quel livre emporterais-tu sur une île déserte ?

Je ne suis pas un grand lecteur, donc c’est difficile à dire. J’ai bien aimé « Le parfum » de Suskind. C’est un bouquin que j’ai adoré parce que j’aime bien m’imaginer à la place du héros, et là dans ce livre on a l’impression d’avoir les odeurs dans le nez. J’ai vu le film après et ça ne m’a pas autant plu. Après, je ne sais pas ce qu’il faudrait emmener… peut-être des livres comme le Petit Prince…

 

Si tu devais convier quatre personnes connues à un dîner, quelles seraient-elles ?

Il y a des personnes qui poussent l’admiration et c’est ceux-là que j’aimerais peut-être convier. Badinter par exemple. Parce que son discours sur la peine de mort c’était vraiment fantastique. Simone Veil pareil quand on l’entend parler, quand on voit comment elle s’est engagée en politique, il a fallu qu’elle affronte les autres, les hommes de l’Assemblée Nationale : c’était fantastique ! Et puis elle a fait ça sans haine, c’est bien ça. J’aimerai bien maîtriser ce sentiment, enfin même si j’ai de la haine pour personne. Après, j’aime bien Paolo Conte et aussi Juliette Binoche. C’est une belle femme et je pense qu’elle est très intelligente. Et bien sûr, elle joue super bien.

 

Quel est ton sport préféré hors athlétisme ?

J’aime un peu tout, mais ce que j’aime particulièrement ce sont les sports en plein air. J’aime bien les sports collectifs mais je n’en suis pas énormément. J’aime bien le handball par exemple. Cette année je suis allé au hockey avec Mathilde Mas, je me suis régalé, c’était super ! Après, le foot m’énerve un peu !

 

Tu dois passer un mauvais moment en ce moment alors…

Non, je regarde les matchs parce que c’est quand même un beau sport collectif. Ils font des choses admirables avec leurs jambes, c’est vrai mais c’est tout cet esprit autour. C’est tout ce qui se passe autour des grands champions. Souvent, ils se protègent pour ne pas être embêtés tout le temps mais ça manque un peu de modestie.

 

Quelle est la qualité que tu apprécies le plus chez les autres ?

La gentillesse. C’est quelque chose qui me touche beaucoup.

 

A l’inverse, quel est le défaut qui te rebute le plus ?

La bêtise, pour ne pas dire la connerie ! Quand les gens s’énervent pour pas grand-chose, dans la voiture par exemple. A un moment il faut se dire qu’il y a des choses pires !

 

Merci Daniel !

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