Passion du stade

La rubrique passion du stade est un rendez-vous, tous les deux mois qui valorise des personnes, des parcours au sein du Stade Sottevillais 76.

Différentes thématiques seront abordées, romancées par un certain Christian Feuillepain.

Bonne lecture

  • Naissance :
    25-05-1995
  • Disciplines :
    800m, 1500m et 3000 steeple
  • Records :
    1:52.64, 3:53.81 et 8:50.06
  • Entraineurs :
    Kader et Hassan

L’entraînement, la vie sportive et sociale du club en période de confinement.

Nous avions un rendez-vous téléphonique avec Medhi vers 18 heures ce jeudi 18 mars. A cette même heure, le Premier Ministre devait annonçait un nouveau confinement.

Il avait été décidé d’évoquer l’entraînement, la vie sportive et sociale du club en période de confinement. Les décisions prises par le gouvernement sont venues conforter cette thématique qui de nouveau s’imposait aux athlètes du club.

« Nous avons pas mal de chance les sottevillais qui fréquentons les installations du Stade Jean Adret, il nous est possible de profiter de la salle de musculation en respectant les précautions d’usage jusqu’à 18h45.

J’avais, afin de me remotiver, moi, qui contrairement à d’autres athlètes du groupe ait un besoin primordial de compétitions, planifié une saison en salle, pour m’imposer et supporter la quantité, parfois la dureté, d’un entraînement de demi-fond.

J’espérais sincèrement que les compétitions en salle me permettraient de garder dans la tête cette grande motivation. C’est le cœur presque léger, que, dès le début septembre j’ai commencé cette longue préparation.

Le fait d’avoir été sur les listes » athlètes de haut niveau » en décembre 2019 me permettait d’être optimiste pour recevoir des invitations aux compétitions et d’y participer : Mon record de 8.12.34 sur 3000 me confortait d’ailleurs dans cette approche.

Je suis monté en charge d’entraînement jusqu’à huit séances par semaine, et un kilométrage conséquent pour moi, de plus de 100km hebdomadaire.

La forme revenait, le poids que je prends à chaque interruption prolongée de l’entraînement commençait à s’estomper. J’enchaînais avec le groupe de belles séances comme, des 800m en 2.20 (les connaisseurs apprécieront !), en parallèle les séances de PPG et de renforcement musculaire se passaient bien…

… et puis le second confinement et venu de nouveau perturber la préparation.

Le plus difficile a été le couvre-feu de 18h. Il est très compliqué avec ces horaires de s’entraîner correctement car peu de personnes terminent leurs activités professionnelles ou étudiantes de bonne heure.

La motivation par la compétition, s’évanouissait je suis retombé à trois, quatre séances maxima par semaine, mais toujours avec la séance du dimanche matin :  « La séance sacrée » celle où chacun se retrouve au départ à la lisière de la forêt du Rouvray. 

Relancer la motivation par les gâteaux !

Pour agrémenter ce rendez-vous convivial et incontournable il a été décidé qu’à tour de rôle on amène un gâteau à déguster à la fin de la séance : j’ai inauguré la série avec un flan pâtissier. Je me souviens qu’Antoine est venu avec un gâteau au chocolat. (Magnifique : Note de l’auteur).

A l’initiative de Kader et toujours afin de motiver les « troupes », des tests sur les quais de Seine à Rouen ont été programmés, afin de retrouver un peu des émotions compétitives : Un 10km et 5km se sont ainsi déroulés.

Nouvelles chaussures nouvelles sensations

L’absence de compétitions à mi-janvier est devenue une réalité. Cette décision a eu des effets délétères sur le groupe, la motivation pour beaucoup (dont moi) s’est effilochée. Les prochaines échéances étaient ainsi reportées à l’été : c’était loin !

Pourtant j’avais effectué de très bonnes séances et commencé à tester les nouvelles pointes (celles qui font polémiques !). J’ai constaté que la fatigue venant, ces nouvelles chaussures soutenaient mieux la foulée, le renvoi était plus dynamique. Nous attendrons cet été pour en avoir la confirmation ou pas !

Recréer l’ambiance club : Vive les interclubs

La situation est difficile, il est nécessaire de garder ou retrouver la motivation si l’on ne veut pas que cette année encore, soit une nouvelle saison blanche. Il faut inventer, innover, trouver des compétitions ; entre nous dans un premier temps : c’est ainsi qu’on a évoqué des compétitions tests sur piste (3000m par exemple) ou pourquoi pas sur le champ de course maintenant magnifiquement rénové avec notamment un anneau en stabilisé. Mais pour moi il faut impérativement organiser une compétition collective, il faut retrouver le parfum des interclubs avant que son odeur ne disparaisse. Notre réflexion sur le calendrier sportif doit s’orienter dans cette direction, c’est pour moi primordial.

Je constate que le lien qui unit tous les athlètes au stade, lien travaillé par la présence de tous les groupes sur le même stade tend à s’affaiblir, l’éloignement géographique imposé est un vrai problème. La convivialité qui existait et faisait l’essence du club doit repartir.

Aspects positifs (!) : découvertes ou redécouvertes.

  • J’ai constaté que des athlètes qui avaient tendance à négliger la PPG, les gammes, les étirements s’y remettent à l’exemple de « l’ancien » Nabil Chettouh.
  • Le manque de compétitions oblige les athlètes à élaborer des entraînements à plus long terme, aucune composante de l’entrainement voir de diététique n’est ainsi laissée de côté ou moins négligée.
  • L’autonomie, aussi s’est retrouvée aux avants postes, de même que la volonté de s’organiser entre athlètes. Enfin pour moi, la patience, car j’ai tendance à me motiver grâce aux compétitions à court ou moyens termes. L’absence de confrontation sportive m’oblige à laisser du temps au temps. J’ai même envie de faire davantage de compétitions, moi, qui n’en faisaient que peu dans une saison.

Je suis même prêt à prendre un dossard pour une compétition de lancer, c’est dire ! »

C’est sur ces paroles pleines d’espoirs et d’envies, que Medhi m’a donné rendez-vous, pour goûter, à son flan pâtissier sur le stade à Sotteville.

Prochain article : La Saga Bunel : Trois générations de Passion Stade

  • Naissance :
    20-07-1980 à M’Gouna (Maroc)
  • Record 3000m steeple :
    8.27.49
  • Palmarès :
    Trois sélections A e
    n Équipe de France
  • Entraineur de
    ½ fond au Stade

Lors de notre entretien Hassan s’est livré, à cœur ouvert, sur son parcours sottevillais.

« Je venais de quitter les rangs juniors où je trustais les victoires dans les labours normands, c’était au tout début des années 2000. J’étais licencié au GABS, mon entraîneur s’appelait Jacques Sieurin. Il m’a accompagné à mes débuts, je lui dois beaucoup.

 

Le haut niveau m’attirait, mais je courrais trop souvent seul, ou sans athlète de mon niveau. J’étais étudiant à la faculté de Rouen. J’étais donc à la croisée des chemins ; continuer comme je le faisais, où rejoindre le seul club de la région qui possédait les structures nécessaires à la réussite du haut niveau : le Stade Sottevillais 76. La réussite qu’il affichait au travers des résultats de stars de l’époque les : Blondel, Levicq, Boulineau et bien sur les frères Chekemani, me faisaient rêver. 

 

J’ai donc signé à la section locale de Duclair et rejoint le groupe de Kader et Rachid.  J’ai pu ainsi participer à une décennie royale pour le demi-fond sottevillais, à travers champs et pistes : Sélections au Monde de Cross-country podiums et titre par équipes aux Championnats de France, avec Rachid (Chekemani) et Fouad (Chouki) nous avons terminés 1er/4ème/7ème de la même course, incroyable, Champions de France par équipes évidemment ! 

 

Le stade a toujours été à mes côtés, aussi bien pour m’accompagner vers ma naturalisation, pour mon incorporation dans l’armée, que lors de mes ruptures des tendons d’Achille. J’ai été gâté par le club, je ne le remercierai jamais assez. Le stade est devenu tout naturellement mon club de cœur.

A côtoyer les « Marcel, Vincent, Christian, » j’ai beaucoup appris. 

 

L’âge venant, petit à petit, il m’est apparu comme une évidence que le temps de la transmission était venu.

J’ai souhaité partager mon expérience avec le groupe que nous animons avec Kader : un mélange d’anciens et de nouveaux qui s’entraîne dans la joie et la bonne humeur. ¾ fois par semaine nous nous retrouvons pour partager les sorties en nature et le fractionné sur la piste: courir ensemble pour le plaisir !

Et puis, le stade c’est une famille, les gamins et gamines y sont les bienvenus, quelle joie d’y voir gambader tous ces enfants d’athlètes !

 

Quand je vois Arnaud, lui aussi athlète de mon époque, prendre la suite de son père et préparer des athlètes pour les JO, je me dis que la source n’est pas tarie, que le stade est entre de bonnes mains, et que l’histoire continue. »

  • Naissance :
    12-06-1977 à Niamadougou (Burkina Faso)
  • Record 100m :
    10.14, Vice-Champion Afrique 2004
  • Jeux Olympiques :
    2000-2004-2008
  • Entraineur de
    Sprint au Stade

13 juillet 2002 sur le stade de Saint Etienne (Loire), nous sommes trois accompagnants sottevillais (Amadou, Vincent et Christian) à regarder la finale du 100m hommes.  L’orage a éclaté il y a peu, le temps est lourd, le ciel plombé. A vos marques, prêts, Feu… 10s.14 plus tard, la foudre sottevillaise Idrissa Sanou a frappée : Victoire, record et entrée au stade sottevillais 76. Vincent avait eu du mal à trouver un maillot à la taille du colosse du « pays des hommes intègres », le Burkina Faso.

Octobre 2020 sur le stade de Sotteville-lès-Rouen au bord de la piste, Idrissa prodigue ses conseils à son groupe d’athlètes de sa voix chaude, sa taille s’est un peu épaissie… Mais sa présence au sein du club est toujours forte, quel est donc le sens de cette fidélité à « son stade »

« J’avais apprécié l’accueil sottevillais, je voyais bien mon avenir ici. J’en ai parlé avec Vincent puis Christian, et nous avons mis en place en concertation, une double formation sportive et professionnelle. Je logeais dans l’appartement du club, avec Berlioz (Randriamihaja) Mohamed (Battani) et plus tard Éliane (Saholinirina).

Mis à part le climat (nous étions en hiver) tout était mieux pour moi qu’au centre IAAF de Dakar. 

Je me souviens qu’afin de m’aider pour mes formations avoir demander une connexion internet (moins courantes et plus onéreuses à l’époque) les dirigeants ont acceptés. J’ai pu profiter de cet environnement où l’écoute à toujours été présente. 

 

J’ai dû mettre ma carrière sportive entre parenthèse en 2010 après les régionaux au Havre (grave blessure au tendon d’Achille). Un sprinter de Val De Reuil, Kada BEMBA m’a sollicité pour lui donner des conseils (il devait signer au club l’année suivante), ça m’a plu et de plus en plus je me suis impliqué dans l’entraînement. 

 

A l’heure actuelle, j’entraîne un groupe d’athlètes d’une vingtaine de personnes, le groupe comporte des niveaux différents, chacun s’enrichi de l’autre. Les entraînements collectifs ont lieux les Lundi, mardi, jeudi, vendredi et samedi.  Le mercredi est consacré à la famille… ! 

J’ai été obligé d’ouvrir les créneaux d’entraînement au maximum car les athlètes sont étudiants où travaillent. C’est donc compliqué parfois car les horaires ne coïncident pas toujours. De plus, je travaille dans une entreprise qui déploie la fibre optique et là aussi je suis très sollicité. 

 

C’est à mon tour de les accompagner pour qu’ils réussissent leur vie sportive et personnelle, dans ce club qui m’a si bien accueilli il y aura bientôt vingt ans maintenant. »

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